J'ai pris l'habitude de repérer les moments où je rumine. Les moments où je ressasse les mots d'une personne, un rejet ou un jugement que j'ai perçu de sa part. Je me suis aussi éveillée à tous les moments où j'ai des mauvaises pensées sur quelqu'un. Quelque chose de bien moche du genre: "bah tant pis pour lui", voire "bien fait pour lui". Des pensées qui me font horreur et dont j'ai honte. Et pourtant, j'ai appris à conscientiser que, dès qu'elles envahissent mon esprit (alors que je ne suis pas une mauvaise personne et ne souhaite aucun mal à qui que ce soit), c'est l'indication que j'ai été blessée. C'est maintenant un réflexe de plonger dans l'histoire que j'ai avec cette personne afin de repérer ce qui a pu être douloureux pour moi.
Dès lors, je conscientise ce qui m'a blessée et peux entreprendre de lui pardonner. Non pas oublier, passer les évènements d'un revers de la main non, mais bien entrer dans ce processus d'accueil de ce qui a été blessé chez moi, et de reconnaissance de ma colère, de ma tristesse, et de ma honte. Identifier la partie souffrante chez moi, mais aussi cette partie agresseur qui me secoue, ou secoue mes proches à la suite de cette blessure. Et peu à peu je cherche à réunifier toutes ces parties. Et ainsi à pardonner. A aimer au delà de la blessure. Cela prend du temps, mais me libère.
Et si je sais que j'ai été offensée par l'un ou l'autre, je sais aussi que la plupart du temps c'est parce qu'il a appuyé sans le vouloir sur une vieille blessure, une de celle dont la cicatrice n'est pas tout à fait fermée.
Enfin, en toute humilité, j'essaie d'identifier en quoi j'ai moi-aussi blessé l'autre. Car c'est ce qui se passe entre 2 êtres. On se blesse d'autant plus que l'on s'apprécie, que l'on est proche. D'offensé je m'ouvre à ma dimension d'offenseur. Et je peux ainsi faire amende honorable et demander pardon.
Une chose est sûre: toute relation est un risque d'être blessé et de blesser. Et si nous prenons de la hauteur sur ces évènements, cela peut être source de croissance inouïe pour chacun de nous !
Luxembourg le 4 février 2026