Devenir adulte, c'est faire UN avec toutes les petites personnes que l'on a été.
Au fil de ses recherches et de son propre chemin de transformation, John Bradshaw (comme beaucoup après lui) a mis en lumière la blessure de l’enfant intérieur, cette part de nous-même souvent ignorée, qui porte pourtant la mémoire vivante de nos manques affectifs, de nos humiliations, et de nos besoins fondamentaux non reconnus. Son message est simple, mais bouleversant : tant que cet enfant blessé reste inconscient, il continue d’agir dans l’ombre, impactant fortement notre estime de nous-mêmes et par conséquent nos choix, nos relations etc. Mais en l’accueillant avec amour, compassion et vérité, nous pouvons retrouver notre unité intérieure.
“Guérir, c’est réintégrer ce que nous avons fui en nous-mêmes.”
C'est avec des poupées russes que j'ai l'habitude de symboliser la personne à laquelle nous ressemblons aujourd'hui et qui contient à l'intérieur toutes les petites personnes que nous avons été. En effet, nous avons tous traversé des épreuves et été blessés dans notre enfance. Pas besoin d'avoir été maltraité, abusé ou battu pour reconnaître que nos besoins n'ont pas tous été comblés. Nous avons été élevés par des personnes blessées elles-mêmes, qui n'ont pas su/pu nous apporter tout ce dont nous avions besoin, et c'est bien normal. Et si l'adage dit que "ce qui ne tue pas rend plus fort", je crois au contraire que les adultes que nous sommes ont à conscientiser ce qui les a blessés. Non pour se complaire dans la plainte ou le dolorisme, mais pour aller à la rencontre de ce/ces petits enfants que nous avons été et qui ont souffert de n'être pas toujours entendus. Nous pourrons alors les écouter et les consoler car avec leur niveau de maturité affective qui était le leur, ces petits enfants intérieurs n'ont pas pu "gérer" ce qui leur a manqué et ceci est resté gravé dans leur inconscient. Peu à peu, en tenant compte de ce qui émerge de ces parts blessées en nous, en consolant l'enfant que nous avons été, nous pourrons faire un avec lui, et nous libérer des répercussions de ses souffrances.
"Ce que nous ne guérissons pas, nous le transmettons.
Et inversement : en guérissant nos blessures, nous changeons non seulement notre vie, mais aussi celle des générations à venir." J. Bradshaw
Alors, et si nous nous donnions la chance d'entendre nos poupées russes intérieures pour devenir des adultes libres.
Luxembourg le 24 février 2026