Mon couple peut-il durer?

 

Je souffre, en silence. J’ai la conviction que mon couple part à la dérive et qu’il n’en reviendra pas. D’ailleurs, ai-je seulement envie de le sauver ? Nous ne nous comprenons plus, nous ne parlons plus. Je me demande ce qui nous est arrivé, je ne nous reconnais plus… Je n’en peux plus…

Voilà ce que j’ai entendu en consultation l’autre jour. Un homme au bord du désespoir. Un homme blessé et découragé qui est déçu de son mariage, qui est déchiré entre le désir de le sauver, et le doute que ce soit une bonne chose…

Tant de couples arrivent au point de ne plus vouloir essayer. Tant de conjoints se déçoivent. Leurs journées se succèdent et confirment que leur partenaire n’est pas à la hauteur, qu’ils se sont trompés d’avoir cru que l’autre répondrait à leurs attentes.

Devant ses propres imperfections, devant ses propres failles, l’être humain a en effet le profond désir de s’unir à quelqu’un qui lui apportera ce qu’il n’a pas. Il a le souhait fou d’être comblé par un autre. Au début, il ne voit chez l’autre que ce qui lui plaît et qui lui donne la conviction qu’ensemble ils pourront tout affronter. L’amour-passion est si fort qu’il donne des ailes.

Et puis le quotidien prend peu à peu le pas sur cet amour qui semblait si simple et si naturel. On s’agace, on s’irrite, et le nombre de frictions devient parfois plus élevé que les réconciliations. Parfois, on reste chacun sur son quant-à-soi en se disant mollement que ça passera, que si on ne dit rien, ça fera moins mal.

Je sais combien cela va à contre-courant aujourd’hui où le plaisir est roi, mais vouloir que son couple dure n’est pas sans effort. Entretenir la flamme demande un choix. Choix d’accueillir l’autre avec ses failles, et choix de conscientiser que, si j’ai cru un jour qu’il pourrait me combler, je suis en réalité seul (e) responsable de ma vie et de ce que je suis.

Alors pourquoi se forcer à ce que son couple dure ? Pourquoi se donner tout ce mal ? Pourquoi le vouloir ? Pour les enfants ? Parce qu’un divorce coûte cher ? Parce qu’on est fatigué d’être déçu ?

Si l’on veut que son couple dure, c’est parce que « il n’est pas bon que l’Homme soit seul », parce que construire à deux est une formidable aventure humaine qui fournit des moments de bonheur immense, parce que « à deux on est plus fort », parce que … il n’y a rien de plus beau que d’aimer et d’être aimé.

Choisir d’aimer revient à accepter que je ne serai jamais rempli par l’autre, jamais complété par l’autre. Choisir d’aimer, c’est savoir accepter en profondeur ce que peut nous donner notre conjoint et juste ça. C’est cesser de compter sur lui pour compenser nos manques.

Choisir d’aimer, c’est aimer l’autre tel qu’il est, et le promouvoir pour l’aider à devenir chaque jour le meilleur de lui-même. Et choisir d’aimer, c’est œuvrer à notre propre complétude par notre développement personnel. C’est réaliser que nous sommes des êtres blessés qui n’avons pas encore permis à toutes les parties de nous-mêmes de s’exprimer. Et pour cela nous pouvons nous inspirer de l’autre qui peut nous apprendre. Il peut nous initier à ce que lui fait naturellement, comme nous pouvons lui transmettre ce que nous faisons sans y penser.

Et sur le terrain, choisir que son couple dure, c’est d’abord et avant tout oser se dire, parler de ce que je vis, de mes émotions et de mes besoins, et faire des demandes précises et concrètes à l’autre qui pourra répondre oui ou non. Plus nous nous disons l’un à l’autre, plus nous accueillons nos dires mutuels sans nous juger, plus nous avons de chances de pouvoir nous accepter. Rappelons-nous qu’il ne nous est pas demandé de comprendre, mais d’entendre.

@Article écrit par Domitille Desrousseaux

Consultante et Formatrice en Développement Personnel et Relationnel

 

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Dans “vieillesse”, il y a “vie”

C’est parfois dans des endroits incongrus que l’on entend des phrases qui font « tilt », qui nous font dire, « tiens, intéressant »,ou encore « tiens, c’est assez vrai ».On est perdu dans nos pensées et on capte des bribes de conversation qui nous montrent le monde d’une autre façon, ou qui nous ouvrent à un raisonnement que l’on n’avait pas envisagé. C’est un peu cela qui m’est arrivé il y a quelques jours.

J’étais à l’hôpital avec mon père âgé qui devait faire des examens. Depuis quelques temps déjà, je méditais sur l’âge. Mon père m’y aidait, car depuis sa fracture du col du fémur il répondait systématiquement à la question classique « comment ça va ? », avec une pointe d’humour : « comme un vieux… ». Bref, poussant son fauteuil hospitalier en cherchant mon chemin dans le dédale de couloirs, j’étais perdue dans mes pensées sur la vieillesse, sur ce que mon père souffrait de sa perte d’autonomie, et de ce que vieillir avait d’inéluctable. Je réfléchissais au sens que cela avait, au pourquoi de ces souffrances physiques et de ces pertes successives qui nous attendent tous. Comment en effet trouver l’énergie de se lever le matin, pour attaquer une journée en apparence passive ? Comment trouver un intérêt aux émissions de télé, à l’actualité ou aux petits rituels qui composent la journée d’une personne âgée ? Comment garder le sourire, l’allant, l’envie d’avancer, de continuer ? La vie n’est-elle pas derrière soi ?

Quand soudain notre petit train roulant en croisa un autre composé d’une infirmière poussant un homme d’un certain âge, plutôt dans le 3ème, comme on dit, que dans le 4èmecomme mon père. Ils semblaient deviser sur les mêmes sujets qui me préoccupaient, quand l’infirmière dit cette phrase : « Dans le mot vieillesse, il y a le mot vie ! ». Ce à quoi son patient opina du chef avec approbation.

Si l’on vieillit, c’est que l’on vit. C’est qu’on n’a pas succombé à une crise cardiaque à 50 ans, ou à un accident de voiture à 25. C’est qu’on a survécu au stress, à la cigarette, et à l’alimentation pleine d’OGM. C’est que ni les soucis ni un mauvais cancer ne nous ont tués. C’était pourtant évident. Quelle bonne nouvelle ! Quelle belle façon de voir la pente déclinante de la vie, celle qui nous mène génération après génération vers le même sort, qui nous guette tous pour nous mener vers la sortie, vers la fin, vers l’issue, vers la mort….

L’ironie est que la vieillesse a mauvaise presse. Les rides et les rhumatismes ne font pas rêver, et l’oisiveté à laquelle nous aspirons parfois, a quelque chose d’effrayant quand elle est associée au vieillissement. Et ce dernier justement peut nous sembler si éloigné quand nos vies sont trépidantes, remplies de projets et de défis. Notre insouciance est reine quand notre corps ne nous fait pas défaut pour avancer, et pour nous permettre de réaliser nos envies. Il y a même parfois une sorte de croyance, plus ou moins consciente, selon laquelle nous pourrions éviter le vieil âge et ses inconvénients, tout en vivant vieux…. Quelle prétention ! Et pourtant, n’est-ce pas ce qui nous protège des questions existentielles dont nous n’avons pas la réponse ?

La vieillesse serait donc une chance, la preuve que l’on est en vie, que l’on peut profiter d’un repos mérité après une vie active, remplie de joies et de peines, d’efforts et de récompenses. Ce serait le moment de se retourner sur sa vie, d’y voir ses accomplissements satisfaisants, mais sans doute aussi ses échecs, ses manquements, ses erreurs. Ce serait enfin le moment où l’on n’a plus à prouver à nous-mêmes, à nos proches, à la société, que nous sommes de bonnes personnes. Finalement, c’est le moment où la seule chose que l’on attende de nous, c’est d’ÊTRE. Être des personnes présentes à nous-mêmes et aux autres, disponibles pour écouter, pour accueillir, pour montrer de la patience et de la compassion. C’est le moment où « être en vie » sert à « mettre en vie » ceux qui croisent notre chemin. Car finalement, quand notre vie touche à sa fin, nous nous l’avouons, la vie active n’est pas facile. Jeunesse ne rime ni avec facilité ni avec paix. Et ce secret nous permet d’avoir une présence bienfaisante auprès de ceux qui sont épuisés, inquiets, bousculés par la vie trépidante et active. Nous pouvons offrir notre disponibilité pour encourager, booster, et partager ce que la vie nous a appris. Car toute vie est riche et précieuse, et peut inspirer celle des autres…

 

@Article écrit par Domitille Desrousseaux

Consultante et Formatrice en Développement Personnel et Relationnel

 

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Et si j’osais….

Et si j’osais être moi en vérité, si j’osais me montrer telle que je suis, sans faux semblant, sans désir de te plaire, sans vouloir prouver que j’ai raison ou que je sais mieux que toi. Si j’osais me dire à toi, te dire ce qui m’inquiète, ce qui me soucie, ce qui me frustre, ce que je voudrais changer mais qui n’est pas en mon pouvoir de changer. Si j’osais te dire ma vulnérabilité et mon impuissance.

Si j’osais m’affirmer, te dire non quand je pense non, et aussi te dire oui quand j’accepte en profondeur d’accéder à ta demande. Si j’osais t’exprimer quand je me sens blessée, ou pas respectée. Si j’osais te demander de faire autrement, de me parler différemment, pour préserver mon intégrité et ma dignité. Si j’osais te dire ce que je vis quand tu t’adresses à moi, de la joie ou de la peine, de l’amour ou de l’incompréhension.

Et si j’osais t’inviter à te dire à moi, toi-aussi. Si j’osais t’accepter tel que tu es, toi, mon prochain, unique et merveilleux, crée comme moi à l’image de notre Créateur. Si j’osais te dire combien ce qui te concerne m’intéresse, combien ce que tu vis est précieux et combien je t’invite à m’en faire cadeau. Si j’osais t’exprimer que ta colère parle de toi, et non de ce que j’ai fait ou dit qui ne te plaisait pas. Que ta tristesse a besoin d’être consolée, ta peur rassurée. Si je pouvais te dire que tu as un potentiel immense et magnifique, et que toi-aussi tu pourrais oser.

Et si j’osais vraiment, je commencerais par écouter, là, tout au fond de moi, là où personne ne peut pénétrer, car c’est mon intériorité la plus reculée, le siège de mon âme, lieu de mon unicité, et de ma sécurité. Si je commençais par être en vérité avec cette intériorité, ce lieu trop souvent négligé qui m’échappe. Faute de me rendre disponible, à force de courir, d’avancer, d’expirer en oubliant d’inspirer et de me ressourcer.

Et si j’osais commencer par remettre les choses en ordre : d’abord m’aligner à cet instance en moi qui sait. Qui sait ce qui est juste pour moi et pour le monde, qui sait m’apaiser, faire le tri entre ce qui compte et le superficiel, qui sait me guérir de mes pauvretés humaines de tous types, et m’amener à croire en ce qui porte mon avenir : l’Espérance.

 

@Article écrit par Domitille Desrousseaux

Consultante et Formatrice en Développement Personnel et Relationnel

 

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Quand le papa est un pigeon voyageur…

 

 

Le mois dernier, à deux reprises, je suis intervenue auprès de familles de militaires français. Il m’était demandé d’évoquer les absences répétées du papa, et d’aider les familles à traverser ces périodes de séparation. Aimer malgré les distances, faire confiance à l’autre pour qu’il fasse de son mieux, et ne communiquer qu’avec les moyens à sa disposition, sont autant de défis que les familles relèvent avec courage. Vivre sans père et sans mari pendant plusieurs mois, plusieurs fois par an, est un vrai challenge pour les enfants et leur maman. Et vivre loin, parfois en danger, et dans l’incapacité de soutenir sa famille, est parfois très pénible pour le militaire.

Communiquer au maximum, choisir d’être heureux même dans les séparations, vivre et non survivre, prendre soin de soi, accueillir les émotions de chacun, accompagner au mieux les enfants dans ce qu’ils vivent, vivre les retrouvailles avec réalisme, autant de pistes que nous avons étudiées au cours de ces interventions.

Quel courage chez toutes ces familles! Quel exemple pour garder le cap de leur choix de vie. Car beaucoup qui ne pouvaient soupçonner l’ampleur des difficultés, persévèrent dans le sens de la vie, dans le sens de l’amour.

@Article écrit par Domitille Desrousseaux

Consultante et Formatrice en Développement Personnel et Relationnel

 

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Jalousie, quand tu nous tiens!

Que de tristesse chez les parents quand ils voient leur enfant compter et recompter les frites dans l’assiette de son frère, ou le nombre de cadeaux qu’il a eu à son anniversaire ! Pire encore d’en voir un priver l’autre d’un jeu ou d’un livre qu’il n’utilise pas ! Cela va même parfois jusqu’à distinguer une lueur de joie malsaine dans l’œil du grand qui voit le petit tomber, ou du petit qui voit le grand se faire gronder.

Nous percevons à ce moment-là un pincement, que dis-je, un déchirement dans le fond de nos entrailles. Nous oscillons entre colère et tristesse, furie et désespoir, ébranlés dans notre rôle de parent bienfaisant et bienveillant. Ces deux petits anges sont pourtant tous les deux issus de notre chair et de notre sang. Ils partagent ADN et vie familiale, sont aimés et encouragés, respectés et bien souvent gâtés.

Constater ces élans de comparaisons nous contrarie, nous déçoit, et nous fait une fois encore douter de nos capacités à être de bons parents. Ne fait-on pas tout ce qui est en notre pouvoir pour être juste avec nos enfants ? N’essaie-t-on pas de faire en sorte que chacun ait ce dont il a besoin ?

Pour peu que nous ayons nous-même été l’objet de jalousies de la part de nos frères et sœurs, ou bien que nous les ayons enviés à un moment ou à un autre, nous sommes très soucieux d’être égalitaires avec nos propres enfants. Raison de plus pour que nous n’ayons pas à subir ces scènes de comptabilité et de comparaisons…

Alors halte là ! Pour que les comparaisons s’arrêtent entre nos enfants, arrêtons-les nous- aussi !

Car en dépit de notre intention qui est toujours d’apaiser les tempêtes et de faire stopper les comparaisons, nous les aiguisons malgré nous. L’un se plaint d’avoir moins de cadeaux ? Nous avons le réflexe de le réconforter en lui rappelant combien il en a eu à son propre anniversaire. Notre adolescente voudrait les mêmes cheveux que sa sœur ? Nous avons la tentation de lui dire que les siens sont si jolis. Antoine voudrait la même voiture que Benjamin ? Nous lui en trouvons une autre.

Dorénavant ayons une attitude stable pour permettre à chaque enfant d’exprimer ses souhaits, ses envies, et même ses jalousies. Car si elles nous dérangent, elles veulent pourtant simplement exprimer une frustration légitime et autorisée.

A chaque expression de notre enfant de sa jalousie, du puissant désir qu’il a d’obtenir ceci ou cela, rappelons-nous qu’il est en droit de le souhaiter. N’essayons pas de le rendre content de ce qu’il a, quand il est mécontent de ce qu’il n’a pas. Accueillons simplement sa réalité du moment qui est VRAIMENT qu’il serait très heureux d’avoir plus de frites, ou le même jouet que son frère. Soyons des adultes solides qui ne craignent pas d’avoir engendré des monstres, mais simplement des enfants qui veulent plus que tout se sentir aimés pour ce qu’ils sont … et qui doivent apprendre à se contenter de ce qu’ils ont.

Nous tentons d’être égalitaires ? Mais est-ce que nous ne confondons pas égalité et équité ? Contentons-nous d’accueillir chaque expression de frustration en proposant à l’enfant de trouver une alternative pour qu’il soit heureux malgré tout.

De grâce, cessons de réconforter nos enfants ! Et les comparaisons entre eux cesseront… comme par enchantement !

@Article écrit par Domitille Desrousseaux

Consultante et Formatrice en Développement Personnel et Relationnel

 

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Nouvelle année, nouvelles perspectives

 

Qu’est-ce qu’on te souhaite pour cette année ? »

 

Cette question m’a prise de cours, en cette nuit du nouvel an. Euh… je n’y ai pas vraiment réfléchi. Et puis j’ai entendu mon mari répondre à la même question : « moins de travail ». C’est un comble. Dans un monde où tant de gens en cherchent, chez nous on souhaite en avoir moins…. Décidément, autant de personnes, autant de réalités individuelles.

Car c’est ainsi. Chacun vit sa vie en faisant de son mieux pour être heureux, tout en respectant ses valeurs, et en incluant ses contraintes et responsabilités propres.

Alors si la question « qu’est-ce qu’on te souhaite » devenait « que veux-tu pour cette année ? ». Si je commençais par m’interroger et répondre en mon âme et conscience à cette question : c’est quoi finalement, ce que je veux ? Si je mettais des mots sur ma réalité d’aujourd’hui, sur mes objectifs conscients et inconscients, que ce soit dans le domaine personnel ou professionnel, alors cela me permettrait au moins de savoir vers quoi je tends. Bien sûr, nous sommes souvent doués pour nous « auto-saboter » et penser que nous n’obtiendrons pas ce que nous voulons. C’est peut-être vrai si nous attendons quelque chose qui ne dépend pas de nous. Et selon moi, ce n’est pas le sens des vœux de début d’année. Souhaitons-nous plutôt le courage de nous lancer, la perspicacité de voir les opportunités qui se présentent, la rapidité de réaction, et plus que tout, la foi en nous-mêmes.

Car c’est connu aujourd’hui, lorsque je nomme ce que je veux accomplir, l’univers m’apporte ce qui contribue à réaliser cet objectif. Un coach de ma connaissance m’a pourtant fait remarqué : « ce n’est pas tant la loi d’attraction qui permet d’atteindre son but, mais la loi d’intention ». Et je trouve en effet cette terminologie plus exacte. Je n’attire pas les choses à moi, mais elles se présentent quand j’ai pris la peine de conscientiser pour quoi je les voulais.

Une fois que je sais ce que je veux, il est capital que j’en vois le sens et la finalité. Car alors mon intention sera comme « habitée » et la vie me lancera des perches que je saurai repérer et attraper.

Alors ce qu’on vous souhaite pour cette année ? La mise en mots de ce que vous voulez réaliser, et la prise de conscience du sens que cela a pour vous. Et le reste suivra….

@Article écrit par Domitille Desrousseaux

Consultante et Formatrice en Développement Personnel et Relationnel

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